Carnage au Maroc : au moins 23 migrants sub-sahariens morts lors d’une tentative massive d’entrée à Melilla

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Près de 2000 migrants ont tenté de s’introduire sur le territoire espagnol en prenant d’assaut une clôture. Les victimes ont trouvé la mort « dans des bousculades et en chutant de la clôture de fer ». lls ont pris d’assaut Melilla, une enclave espagnole en territoire marocain. Cette tentative d’entrée massive en Espagne est la première depuis la normalisation mi-mars des relations entre Madrid et Rabat. Les forces de sécurité marocaines ont repoussé violemment ces migrants pour les empêcher de pénétrer au sein de l’enclave espagnole. Le bilan des victimes est très lourd  au moins 23 morts. Ce drame a été qualifié de véritable carnage par de nombreux observateurs internationaux. 

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a dénoncé samedi « une attaque contre l’intégrité territoriale » de l’Espagne, après la mort d’au moins 23 migrants d’origine africaine lors d’une tentative d’entrée vendredi matin de près de 2 000 d’entre eux dans l’enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc.

Vingt-trois migrants sont morts alors qu’ils tentaient de pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla, sur la côte nord du Maroc, et alors que des heurts avaient éclaté avec les gardes-frontières, ont annoncé, vendredi 24 juin, les autorités marocaines.

Vendredi dernier, près de 2 000 migrants ont tenté de s’introduire sur le territoire espagnol en prenant d’assaut une clôture. Des heurts ont alors éclaté avec les forces de sécurité, ont annoncé les autorités marocaines et espagnoles, ajoutant qu’une centaine de personnes avaient réussi à entrer dans l’enclave.

Les victimes ont trouvé la mort « dans des bousculades et en chutant de la clôture de fer » qui sépare l’enclave espagnole du territoire marocain, lors d' »un assaut marqué par l’usage de méthodes très violentes de la part des migrants », a précisé à l’AFP une source des autorités de la province de Nador.

Lors d’une conférence de presse, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a condamné ce qu’il a qualifié d' »assaut (…) violent et organisé de la part de mafias qui se livrent au trafic d’êtres humains contre une ville qui est un territoire espagnol ». « Par conséquent, il s’est agi d’une attaque contre l’intégrité territoriale de notre pays », a ajouté le Premier ministre socialiste.

Le chef du gouvernement espagnol a également souligné que « la gendarmerie marocaine avait travaillé en coordination avec les forces de sécurité (espagnoles) pour repousser cet assaut si violent dont nous avons été témoins ». « S’il y a un responsable de tout ce qui s’est produit à la frontière, ce sont les mafias qui se livrent au trafic d’êtres humains », a-t-il déclaré.

Contactée par l’AFP, la Garde civile espagnole, qui surveille l’autre côté de la clôture, a assuré ne pas avoir d’informations sur ce drame, renvoyant vers le Maroc.

Ces migrants ont essayé d’entrer vendredi matin, le 24 juin dernier, dans l’enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc et « un nombre important » d’entre eux y est parvenu, a indiqué la préfecture à l’AFP, sans préciser leur nombre. Cette tentative d’entrée massive dans l’une des deux enclaves espagnoles situées sur la côte nord du Maroc est la première depuis la normalisation des relations intervenue mi-mars entre Madrid et Rabat après près d’un an de brouille diplomatique.

Les forces de l’ordre espagnoles ont repéré « vers 06H40, un groupe de migrants formé par plus de 400 personnes » s’approchant de la frontière, a indiqué un porte-parole de la préfecture. « Malgré le large dispositif de sécurité des forces marocaines, qui ont activement collaboré et de façon coordonnée avec les forces de l’ordre » espagnoles, « un groupe important de personnes venant de pays d’Afrique subsaharienne, parfaitement organisé et violent, a forcé l’entrée et cassé la porte d’accès du contrôle aux frontières » avant d’entrer dans Melilla, a-t-il indiqué.

Madrid et Rabat ont scellé il y a peu leur réconciliation après la décision mi-mars de Madrid de soutenir publiquement le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée à 80% par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Cette décision avait permis de mettre fin à une crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne du chef du Polisario, Brahim Ghali, en avril 2021 pour y être soigné du Covid-19.

Cette crise avait été marquée par l’entrée en mai 2021 de plus de 10.000 migrants en 24 heures dans l’enclave de Ceuta, à la faveur d’un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain.

Juste avant la réconciliation entre les deux pays, Melilla avait été le théâtre début mars de plusieurs tentatives d’entrées massives dont la plus importante jamais enregistrée dans cette enclave avec quelque 2.500 migrants. Près de 500 y étaient parvenus. La normalisation des relations entre Rabat et Madrid a permis la réouverture en mai des postes frontières entre le nord du Maroc et Ceuta et Melilla.

Ces deux enclaves constituent les seules frontières terrestres de l’UE sur le continent africain et font régulièrement l’objet de tentatives d’entrée de la part de migrants cherchant à rejoindre l’Europe.

Avec AFP