BP négocie secrètement avec ENI la vente de ses actifs gaziers en Algérie pour une valeur de près de 4 milliards de dollars

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Au moment où l’Algérie traverse une crise politique sans précédent et subit une crise financière inédite de part son ampleur, le secteur des hydrocarbures risque de perdre l’un de ses plus gros investisseurs, à savoir le géant britannique BP qui négocie secrètement la vente définitive de ses actifs gaziers en Algérie. 

BP ne veut vraiment plus rester en Algérie et cherche un acquéreur pour sortir définitivement du marché algérien. Et le géant britannique a, semble-t-il, trouvé un repreneur qui est capable de le « sortir du bourbier » algérien où les perspectives futures s’annoncent moroses avec une production nationale en déclin et des coûts de production sans cesse en augmentation sans oublier les risques permanents liés à l’instabilité politique du pays. Ce lundi 31 mai, l’agence de presse britannique, la prestigieuse Reuters a lancé une véritable bombe en révélant que BP et ENI ont lancé des pourparlers pour l’acquisition d’actifs pétroliers et gaziers en Algérie.

D’après Reuters, cette information a été confirmée par trois différentes et bien introduites au sein de BP. « BP et ENI » sont « en pourparlers préliminaires » pour trouver un accord commercial qui permettra au groupe italien ENI de reprendre tous les actifs de BP en Algérie.  « Les parties envisagent une vente pure et simple ainsi qu’une option pour que BP reçoive des participations dans les actifs d’Eni dans le monde entier, peut-être dans son développement phare de gaz naturel liquéfié au Mozambique », ont expliqué les sources de Reuters qui ont dévoilé ainsi un véritable plan d’action secret qui risque d’ébranler fortement l’Algérie.

Et pour cause, le retrait de BP du marché des hydrocarbures en Algérie sera perçu comme un très mauvais signal de la part des autres gros investisseurs internationaux qui ne manqueront pas de remettre en cause la confiance que leur demande l’Algérie afin de miser sur le pétrole ou le gaz algérien.

Selon Reuters, BP et ENI ont également examiné l’idée de créer une « joint-venture » en Algérie, à savoir une fusion des activités des deux groupes européens. Mais cette thèse paraît peu probable et BP comme Eni ont refusé de commenter les informations obtenues par Reuters.

Il faut savoir que depuis 2019,  BP chercher à céder ses actifs algériens. BP détient des participation de 45,89% dans l’usine de traitement de gaz naturel d’In Amenas. BP détient également une participation de 33% dans l’usine à gaz d’In Salah. En 2019, BP a prévu de vendre sa part dans le complexe à environ 2 milliards de dollars et aurait contacté à ce propos un certain nombre de grandes compagnies pétrolières et gazières.

A cette époque, des sources bien introduites au sein de BP ont expliqué que cette opération qui s’inscrit dans sa stratégie visant à se débarrasser de 15 milliards de dollars d’actifs avant la mi-2021. BP avait déjà vendu près de 10 milliards de dollars d’actifs pétroliers et gaziers dans le monde depuis le début de 2018.

Mais il faut reconnaître que le malaise de BP en Algérie remonte à la fameuse attaque djihadiste de Tiguentourine en janvier 2013 qui a fait 40 morts. Les partenaires de BP sur le site sont le norvégien Equinor (45,9 %) et Sonatrach. L’usine produit l’équivalent de 46 000 barils de pétrole par jour.

Il est à noter enfin que la part nette de production de BP en Algérie en 2020 était de 141 millions de pieds cubes (mcf) de gaz par jour et de 6000 barils de pétrole par jour, selon son bilan annuel. De son côté, ENI est l’un des partenaires stratégiques de Sonatrach dans le secteur des hydrocarbures. Il a plusieurs contrats d’importation de gaz à long terme dans le pays et contribue directement à la production de  81000 barils équivalents pétrole (BEP) par jour en 2020, dont 152,5 mcf de gaz.

Pour acquérir la totalité des actifs de BP en Algérie, ENI devrait mobiliser l’équivalent de près de 4 milliards de dollars, certifient à Algérie Part plusieurs experts du secteur. Mais une question demeure et elle concerne l’attitude des autorités algériennes qui n’ont toujours pas réagi face à ces révélations de l’agence Reuters. En décembre 2010, l’Algérie s’était opposé vivement à la constitution d’une joint-venture russe TNK-BP qui devait reprendre les actifs en Algérie de BP.

A cette époque, le gouvernement algérien avait menacé de  faire jouer son droit de préemption dans ce dossier. Le régime algérien a toujours exercé son lobbying pour obtenir le maintien des activités de BP au sud du pays. Mais cette fois-ci, confronté à une étouffante crise financière, l’Algérie risque de ne pas pouvoir exercer son droit de préemption et elle ne pourra pas ainsi trouver des arguments qui lui permettront de retenir encore longtemps BP.

L’Algérie a cruellement besoin des investissements de BP pour renforcer sa production nationale du gaz naturel. Pour rappel, le groupe Sonatrach avait signé en décembre 2017 avec British Petroleum (BP) et Statoil (Norvège) un avenant au contrat gazier d’In Amenas pour un montant de plus 500 millions de dollars afin d’accroître les réserves du périmètre d’In Amenas.

Le périmètre contractuel d’In Amenas est situé dans le bassin d’Illizi à environ 40 km au sud-ouest de la ville d’In Amenas. Ainsi, les parties ont convenu de nouvelles opportunités d’accroissement de réserves au niveau du périmètre d’In Amenas, à travers un potentiel additionnel de l’ordre de 11 milliards de m3/an de gaz, moyennant la mise en œuvre d’un programme d’investissement supplémentaire pour un montant supérieur à 500 millions de dollars.

Ce programme d’investissement, qui comporte notamment le forage de nouveaux puits de développement, un sismique 3D et un projet de compression, permettra de maintenir un niveau de production commerciale du gisement de Tiguentourine au-delà de 2035.

 

 

6 COMMENTS

  1. A In Amenas le monde entier a vu l’incompétence de l’armée algérienne pour contrer la prise du site gazier par les terroristes. Suite au massacre des otages provoqué par l’armée algérienne qui a a lancé un assaut brouillon et amateur contre le site, Londres et Tokyo ont failli rappeler leurs ambassadeurs.

  2. https://www.algeriepatriotique.com/2021/06/01/paris-match-decrit-la-detresse-des-marocains-au-maroc-on-na-rien-a-manger/

    Terrible misère de ces gueux marocains à CEUTA.
    PARIS MATCH relate une réalité encore trop caché par les médias français et proxénètes de Pédale 6……

    Ça fait flipper ce royaume de la très grande misère…

    Et ce que je dis se vérifie : des centaines de milliers de marocains menacent de se rendre en Algérie pour manger et avoir un peu de dignité….

    Mince alors…. l’Algérie est vraiment bien plus vivable que le lupanar à ciel ouvert qu’est ce pays moisi par un makhnaz aidé d esclaves consentants…

  3. La BP essaye de vendre ses actifs en Algerie pas parcequ’il n’y a pas de perspective d’avenir, mais ils ont peur d’un états souverains contrôlés par son peuple et non pas par des imbéciles, stupide et l’idiot comme les parasites généraux génocidaires. C’est Toufiq qui a ramené Dick Cheney en 1993, qui lui a ramené les barbouzes de Halliburton et BP en même temps, avec comme contrepartie d’une aide US pour terroriser et utilisé le terrorisme pour assassinés le peuple Algérien avec impunité garanties.

  4. @Axis, l’esclave consentants appartenant au Grand Homosexuel maîtres d’Esclaves du Maroc leader spirituel du rite religieux des Esclaves Marocains,

    Les généraux génocidaires ont bien fait de rendre les terroristes en poussière à Tingentourine, ce que ces génocidaires n’ont pas fait et qui est dommageable c’est de ne pas avoir détruit les installations similaires des pays qui ont donné l’ordre aux terroristes qui ont etaient pulvérisés.

  5. 4 milliards de dollars ce n’est pas la braderie , mais un investissement important
    Les majors préfèrent traiter avec les dictateurs , les généraux plutôt qu’avec un état démocratique qui va imposer la transparence , des mesures environnementales très strictes, et le respect des contrats ( Délais, montants des investissements, production, règlements des impôts taxes, droit social, et)

    Pour des raisons stratégiques , BP souhaite investir de plus en plus dans les énergies renouvelable et cède ses investissement dans le pétrole en Afrique ( Angola, Nigéria, là c’est l’Algérie)