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vendredi, février 3, 2023

Au moins 22 wilayas touchées par la crise de l’eau potable en Algérie : le pays paie les conséquences de l’immobilisme et incompétence de ses autorités

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La crise de l’eau potable touche les 22 wilayas les plus peuplées du pays. Ce lundi 28 mai, le ministre ministère des Ressources en Eau a reconnu cette vérité amère ce lundi 28 juin après avoir longtemps occulté la réalité et le danger. Après plusieurs mois, voire des années, de déni, les autorités algériennes passent aux aveux et essaient de se dédouaner face à l’ampleur inquiétante de la pénurie de l’eau potable. 

Ainsi, à en croire le secrétaire général du ministère des Ressources en Eau, Smaïl Amirouche, tout est de la faute de la nature seulement. Ce lundi matin, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio Algérienne, ce haut responsable a fait savoir que « depuis trois années, il y a eu une réduction drastique des précipitations, principalement dans les régions Centre et Ouest du pays, tandis que la région Est reste mieux arrosée. Il s’agit d’une réduction de 35 à 40% par année, ce qui a engendré une diminution drastique des volumes d’eau, emmagasinés dans les barrages ».

« Cette situation nous a conduits à lancer des plans d’urgence sur vingt wilayas, à travers le territoire national. Si dans certaines wilayas la situation est maitrisable, dans d’autres en revanche la situation est un peu plus lourde. Ces programmes d’urgence sont en cours de réalisation et seront confortés par d’autres solutions alternatives », a expliqué encore le SG du ministère des Ressources en Eau, qui essaie de nous faire croire que l’Etat n’a aucune responsabilité dans cette crise. Un pur mensonge car comme il a été indiqué précédemment dans une longue enquête publiée par Algérie Part, plusieurs études et expertises ont été communiquées au gouvernement depuis 2020 pour l’avertir contre le risque d’une imminente crise de l’eau potable.

Et si le gouvernement avait agi il y a de cela une année, il aurait pu réduire l’impact dangereux de cette crise sur le quotidien des Algériennes et Algériens. Or, comme à son habitude, paralysé par l’immobilisme et l’indifférence générale face aux problèmes du pays, le gouvernement algérien se réveillent tardivement de sa torpeur et annonce des programmes d’urgence dans 22 wilayas les plus touchées par cette crise.

Pour l’heure, les solutions mises en œuvre sont des nouveaux raccordements des régions les plus touchées à des nouvelles sources d’eau potable. « Personne ne maitrise les cycles hydrologiques », a relevé ainsi le secrétaire général du ministère des Ressources en eau qui affirme que la météo a contredit les prévisions. « Les rares pluies qui sont tombées ces trois dernières années n’ont pas permis un remplissage des oueds, dont les crues sont nécessaires pour alimenter les barrages », constate-t-il. Pour parer à l’urgence, le ministère des Ressources en eau intensifie les forages de puits dans le Centre du pays. « Un vaste programme est lancé, principalement dans l’algérois. Jusqu’à présent, 170 forages ont été lancés et encore 120 autres sont prévus », annonce le responsable. Une solution opérationnelle à court terme puisque « le délai moyen de réalisation d’un forage avec ses équipements, raccordé à l’électricité et aux canalisations, est de l’ordre de deux mois, au maximum », précise-t-il.

« Des entreprises publiques et privées sont mobilisées pour les réaliser dans l’immédiat, les financements nécessaires ont été mobilisés par le Gouvernement et les travaux se déroulent correctement sur le terrain », affirme Smaïl Amirouche. Mais, le même responsable a souligné que cette solution reste temporaire et prévient. « La nappe phréatique sera fortement sollicitée durant les trois prochaines années, le temps que des solutions définitives soient mises en place. Il faudra ensuite laisser la nappe phréatique se reposer. Nous sommes en train de développer des solutions techniques, en collaboration avec l’Agence nationale des ressources hydrauliques, pour la réalimentation artificielle des nappes, notamment dans la nappe de la Mitidja.»

En clair, les autorités algériennes ont adopté uniquement des mesures conjoncturelles dont l’impact demeurera limité dans le temps puisqu’elles ne s’attaquent toujours aux profondeurs du problème qui est la rareté des ressources hydriques et leur renouvellement ou du moins la préservation ainsi que la gestion rationnelle de ces ressources vitales pour l’avenir du pays.

Il y a de nombreuses vérités que le secrétaire général du ministère  des Ressources en Eau n’a pas voulu dire aux algériens. En réalité, il y avait de nombreuses mesures qui ont été préconisées depuis 2012 par un rapport officiel de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ces mesures auraient pu permettre à l’Algérie de se préparer sérieusement à une crise de l’eau potable qui était prévisible depuis des années.

En dépit d’une forte croissance économique, l’Algérie n’a pas poursuivi comme il fallait les Etudes et prospections en vue d’une meilleure maitrise des connaissances et l’identification l’identification de nouvelles nouvelles ressources hydriques.

Contrairement à ce qui lui a été demandé par le FAO, l’Algérie n’a pas développé et actualisé les modèles de gestion et d’exploitation des nappes ni les réseaux de surveillance des nappes phréatiques. L’Algérie n’a pas poursuivi la mise en place des périmètres de protection quantitative et qualitative dans le but de limiter la surexploitation des nappes,
‐préserver la qualité des eaux souterraines. Elle n’a pas activé également la police des eaux chargée chargée de la préservation préservation des nappes contre la surexploitation et la pollution y réduire les fuites dans les réseaux.

Il faut savoir que le taux de perte d’eau est actuellement de l’ordre de 50% en Algérie. Ce qui est énorme et fortement préjudiciable. Un milliard de m3 d’eau est perdu en Algérie du fait de gaspillage et de fuites qu’enregistrent le réseau de distribution. Des enquêtes de terrain ont réalisées sur ce sujet depuis 2018 par les services du département des ressources en eau. Cela représente 30% des ressources hydriques nationales ; auquel s’ajoutent 15% des eaux consommées mais non facturées, autrement dit « vol d’eau potable ». Les autorités algériennes étaient informées depuis longtemps de ce problème qui menace la pérennité de nos ressources hydriques. Et rien de concret n’a été fait pour réduire ces pertes d’eau potable.

Pourtant, depuis 2017-2018, l’Etat algérien s’était engagé dans la rénovation de 1.500 km du réseau de distribution annuellement dans le pays, avec comme priorité l’élimination des réseaux en amiante et en PVC. A l’horizon 2030, l’Etat algérien compte rénover 2.000 km par an. Malheureusement, depuis 2019, l’année durant laquelle la crise politique a ébranlé la stabilité du pays et l’arrivée d’un nouveau pouvoir incohérent doté d’un gouvernement à l’incompétence avérée face aux problèmes concrets du pays, ces programmes ont été gelés, abandonnés ou très partiellement réalisés.

Le SG du ministère des Ressources en Eau omet de dire toutes ces vérités pour occulter le rôle malheureux des autorités algériennes dans l’aggravation de cette crise de l’eau potable. Ce haut responsable n’a rien voulu dire aussi sur les nombreuses nappes touchées par la pollution: les nitrates d’origine agricole et les rejets urbains et industriels et l’intrusion marine pour les nappes côtières. Non, ce n’est pas uniquement la faute de la nature et de la sécheresse. L’incompétence des autorités actuelles aux commandes du pays et leur éternelle fuite en avant sont le facteur le plus déterminant de la crise de l’eau potable qui martyrise en ce moment la population algérienne.

 

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