Après avoir nourri de grandes ambitions par le passé : l’Algérie disparaît de la carte du secteur de l’industrie automobile en Afrique

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L’Algérie a presque totalement disparu de la carte du secteur de l’industrie automobile en Afrique, nous apprend un rapport approfondi de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dédié aux dynamiques du développement en Afrique. Datant de 2022, ce rapport traite des informations les plus récentes sur les politiques économiques mises en œuvre sur le continent africain et dans ses cinq régions. « Il propose une nouvelle grille de lecture en évaluant les performances économiques, sociales et institutionnelles de l’Afrique
au regard des objectifs fixés par l’Agenda 2063 de l’Union africaine », nous apprennent ainsi les rédacteurs de ce rapport qui ont travaillé directement sous la coupe di Secrétaire général de l’OCDE. 

Ce rapport nous apprend ainsi que l’Algérie est encore malheureusement loin de satisfaire les attentes en matière de consolidation « des chaînes de valeur régionales et permettre aux pays africains d’accélérer leur transformation productive et d’amorcer une reprise durable suite à la pandémie de COVID‑19 ». Et c’est  dans le secteur de l’industrie automobile que l’Algérie a marqué le recul le plus impressionnant et alarmant.

Et pour cause, notre pays a quasiment disparu de la carte des producteurs engagés dans l’industrie automobile à l’échelle africaine. « La production de l’Algérie est tombée pratiquement à zéro en 2020, avec la fermeture de nombreuses usines à la suite d’affaires de corruption et de changements dans la réglementation », fait observer ce rapport de l’OCDE.

Selon cette source, la production algérienne de voitures neuves a chuté de 42 008 unités en 2016 et 70 797 unités en 2018 jusqu’à 754 unités en 2020. Un effondrement total qui s’explique essentiellement par la fermeture radicale des usines de montage des véhicules neufs décidée par les autorités algériennes à la suite de la crise politique ayant ébranlé le pays en 2019. Ce rapport explique à ce propos que les opérations de type SKD à petite échelle ne sont pas prises en compte dans le cadre des évaluations réalisées par les experts de ce rapport.

« L’Afrique représente moins de 1 % de la production automobile mondiale, et l’Afrique
du Sud domine ce secteur. L’Afrique n’a produit que 720 000 véhicules en 2020, à la suite
d’une réduction drastique liée pour l’essentiel à la pandémie de COVID‑19. La production
à relativement grande échelle est surtout dans le Sud (Afrique du Sud) et le Nord du
continent (Maroc et, dans une moindre mesure, Algérie et Égypte). Certains pays, comme
l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya et le Nigéria, possèdent quelques usines d’assemblage à
petite échelle, qui pratiquent pour la plupart un assemblage partiel (semi‑knocked‑down –
SKD) avec peu de valeur ajoutée nationale », souligne ainsi ce rapport selon lequel  « l’Afrique du Sud domine la production sur le continent et en Afrique australe, avec une production de 447 218 véhicules en 2020 « .  « Depuis dix ans, même avant la pandémie de COVID‑19, la croissance était limitée par la faiblesse des conditions économiques intérieures en Afrique du Sud », note en dernier lieu ce rapport qui est le fruit d’un
partenariat solide entre le Département des Affaires économiques de la Commission
de l’Union africaine et le Centre de développement de l’OCDE, et réunit une équipe de
chercheurs, d’économistes, de statisticiens et d’experts d’Afrique et d’ailleurs.