Agriculture, Tourisme ou agroalimentaire : un programme de la Commission Européenne identifie les principaux obstacles à la diversification de l’économie algérienne

0
246

Le programme d’appui à la diversification industrielle et à l’amélioration du climat des affaires « padica », dans le cadre de la coopération Algérie-Union Européenne, a été lancé officiellement le 25 octobre 2021 à Alger. D’un coût total de 18,7 millions d’euros, ce programme vise officiellement à atteindre un accroissement de la part du secteur industriel dans l’économie algérienne tout en appuyant l’environnement global de l’entreprise afin de stimuler la création de nouvelles entreprises et de répondre aux attentes des opérateurs économiques. Financée par la Commission Européenne, l’une des principales institutions de l’Union européenne, ce programme a permis d’ores et déjà d’identifier les principaux obstacles qui empêchent la diversification de l’économie algérienne et son développement. Explications. 

Il s’agit de graves insuffisances qui plombent la croissance économique du pays et sa modernisation sans oublier le renforcement de sa capacité à recouvrir sa souveraineté dans de nombreux domaines clés comme l’agroalimentaire ou l’agriculture. Dans ce secteur justement, ce programme d’assistance de l’Union Européenne a constaté qu’il est urgent de procéder en Algérie à la vulgarisation des bonnes pratiques auprès des agricultures algériens (utilisation des pesticides, techniques de production, etc.) ainsi qu’auprès des éleveurs algériens (utilisation des médicaments vétérinaires, salubrité des fermes, etc.).

Ce même programme européenne a beaucoup insisté auprès des autorités algériennes pour offrir un appui technique aux services vétérinaires et de la protection des végétaux, à savoir la mise à niveau des laboratoires d’analyses sanitaires et phytosanitaires, accréditation des laboratoires, création de stations de quarantaine et formation.

Ce programme de coopération financé par l’Union Européenne a identifié également un important besoin en matière d’organisation de formation de formateurs concernant les techniques agricoles, la gestion des structures agricoles et la maîtrise des circuits de commercialisation, y inclus pour l’exportation.

S’agissant de l’industrie agroalimentaire, ce programme européen a souligné que les filières agroalimentaires souffrent d’une faible compétitivité des entreprises, d’un faible niveau d’investissement et de recherche, d’une formation insuffisante, des problèmes de qualité et de normalisation ainsi qu’une absence de certification européenne. Ces tares et incohérences empêchent les exportations algériennes vers les pays de l’Union Européenne provoquant ainsi un lourd préjudice financier.

« Ces facteurs ralentissent la modernisation du secteur. Ces insuffisances sont d’autant plus préoccupantes que l’ouverture des marchés agricoles et alimentaires risque de mettre en péril des entreprises locales, souvent mal préparées à faire face à la concurrence étrangère », peut-on ainsi lire dans une fiche de synthèse qui résume les observations formulées par ce programme d’assistance de l’Union Européenne sur la situation économique de notre pays.

S’agissant enfin du tourisme, présenté comme l’un des atouts majeurs permettant potentiellement une diversification économique de l’Algérie, ce programme de la Commission Européenne a identifié de nombreux problèmes auxquels il faut remédier rapidement si l’Algérie veut rentabiliser ses atouts.

« Malgré ses potentialités, ce secteur n’attire pas un nombre élevé de touristes, ce qui
explique la faiblesse du niveau des ressources qu’il génère (170 millions $ en 2006).
L’Algérie est le pays du Moyen-Orient Afrique du Nord dont l’activité touristique est la plus faible, pour des raisons tenant bien évidemment à la situation sécuritaire, mais également à l’absence de politique de développement du secteur au nombre insuffisant et à la déficience des infrastructures d’accueil », explique à ce sujet une fiche d’action pour le programme d’appui à la diversification industrielle et à l’amélioration du climat des affaires « padica ».

Ce programme suggère à l’Algérie de développer les  formes de tourisme balnéaire, archéologique, de santé, thermal. Mais pour ce faire, l’Algérie doit relever plusieurs défis à l’image de la nécessaire· modernisation et mise à niveau de toutes les infrastructures (transport, télécommunications, services financiers, etc.), amélioration de l’image de l’Algérie auprès des grands opérateurs touristiques internationaux (Tour Opérateurs, chaînes hôtelières, compagnies aériennes, …), renforcement de la qualité de la formation du personnel de l’industrie touristique et enfin le développement de l’offre touristique structurée en vue d’augmenter les recettes touristiques.