A la vielle de la célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance : Rachid Nekkaz condamné à 5 ans de prison ferme

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L’opposant algérien Rachid Nekkaz a été condamné à une sévère peine de 5 prison ferme à la veille de la célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance le 5 juillet prochain. Une date symbolique qui devait permettre aux autorités algériennes de lancer un projet de « rassemblement national » afin d’apaiser les tensions politiques ayant déstabilisé le pays depuis la crise de 2019 et l’enclenchement du mouvement de contestation populaire le Hirak.

Plusieurs sources et chapelles idéologiques ou médiatiques proches du pouvoir algérien avaient promis depuis plusieurs semaines qu’une nouvelle initiative politique sera lancée par le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, afin de « gracier » les détenus politiques emprisonnés depuis plusieurs mois pour des délits d’opinion. Ces mêmes sources avaient promis aussi que des « mesures d’apaisement » profiteraient aux opposants exilés afin de permettre leur retour auprès de leurs familles dans leur pays natal sans craindre une nouvelle persécution de leurs droits civiques les plus élémentaires.

Finalement, ces promesses apparaissent, du moins jusqu’à ce dimanche 3 juillet 2022, comme de simples illusions trompeuses destinées à manipuler une opinion publique nationale en quête de perspectives heureuses pour leur pays embourbé sempiternellement dans les diverses crises économiques et financières ou politiques.

La condamnation de Rachid Nekkaz est un cruel rappel à la réalité amère du régime algérien. La cour d’appel criminelle du Conseil de la magistrature d’Alger a condamné ce dimanche 3 juillet Rachid Nekkaz à 5 ans de prison et à 500 000 dinars d’amende pour les accusations d’incitation à un rassemblement non armé et pour avoir tenté d’empêcher les citoyens d’exercer leur droit de vote. Cette lourde condamnation vient allonger la liste des longues peines et souffrances infligées à Rachid Nekkaz. Ce dernier avait été placé en détention par le tribunal de Chlef le 15 mai dernier pour avoir organisé un rassemblement devant la prison de Chlef exigeant la libération des détenus politiques. Il n’a pas été encore jugé pour cette énième affaire et l’opposant algérien avait annoncé, par le biais de ses avocats, qu’il entamera une grève de la faim à partir de demain lundi 4 juillet afin de protester contre sa détention arbitraire.

Rappelons enfin que Rachid Nekkaz avait été incarcéré en décembre 2019 et avait fini par être libéré au cours du mois de Février 2021 dans le cadre d’une grâce présidentielle décrétée à l’époque par Abdelmadjid Tebboune.