12.9 C
Alger
jeudi, février 2, 2023

A Doha, l’Algérie a compris les « limites de sa puissance gazière »

- Advertisement -
- Advertisement -

A Doha, au Qatar, l’Algérie a bel et bien compris que sa puissance gazière est très limitée et qu’elle ne pourra pas jouer un grand rôle dans les rebondissements qui attendent les marchés mondiaux des hydrocarbures à la lumière des évolutions de l’alarmante crise ukrainienne avec une guerre ouverte contre la Russie qui se profile à l’horizon. 

A Doha, les pays exportateurs de gaz ont reconnu clairement qu’ils disposent de capacités limitées pour augmenter rapidement l’approvisionnement de l’Europe et n’ont aucune visibilité sur les prix. Ce mardi, en marge des travaux du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) à Doha, les Premiers ministres ou ministres des onze plus importants pays producteurs de gaz naturel ont reconnu que la crise entre Moscou et les pays occidentaux contribue à une envolée des prix dans ce secteur, où la Russie fait planer la menace sur les approvisionnements.

Selon un compte rendu de l’AFP, le ministre de l’Energie russe Nikolaï Choulguinov a assuré que « les compagnies russes (étaient) totalement engagées dans les contrats existants ». Il n’a fait aucun commentaire sur la situation de son pays dont les relations avec les pays occidentaux traversent la pire crise depuis la fin de la Guerre froide en raison de la situation autour de l’Ukraine.

M. Choulguinov s’exprimait quelques heures avant les déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky exigeant l’arrêt « immédiat » du gazoduc russo-allemand Nord Stream 2 après la décision de Moscou de reconnaître les « républiques » séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine.

« Nous apprécions les efforts de tous les membres (du FPEG) qui ont travaillé dur pour assurer un approvisionnement crédible et fiable en gaz naturel au marché mondial et pour préserver la stabilité de ces marchés », a pour sa part déclaré l’émir du Qatar devant les participants.

Il a rappelé que le Qatar, un des principaux pays exportateur de gaz, avait assuré l’Europe de son « aide » en cas de difficultés d’approvisionnement, précisant toutefois qu’elle serait limitée aux volumes disponibles, les producteurs étant liés à « des contrats de long terme ». « Les volumes qu’on peut rediriger (vers d’autres clients) représentent environ 10 à 15% », selon lui.

« La Russie représente 30 à 40% des approvisionnements de l’Europe » et « remplacer rapidement ce type de volumes est quasiment impossible », a-t-il poursuivi. Pour l’émir, l’envolée des prix du gaz a commencé bien avant la crise. « Tout ce qui se passe aujourd’hui sur les prix est fondamentalement lié au manque d’investissements » et combler ce retard « va prendre du temps », a-t-il estimé.

« Prédire ce que les prix seront (demain, NDLR) s’ils vont monter ou baisser, ça c’est entre les mains de Dieu », a-t-il répondu aux journalistes.

L’Algérie fait partie des 11 membres- Qatar, Russie, Iran, Bolivie, Egypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, Trinité-et-Tobago et Venezuela- du FPEG. Cette organisation compte aussi sept pays associés. Elle représentent 70% des réserves prouvées de gaz et 51% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Les Etats-Unis et l’Australie sont les deux deux grands exportateurs du gaz naturel qui ne font pas partie du Forum.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a tenté de rassurer sur les capacités gazières du pays qui suscite de nombreuses spéculations. l’Algérie « est un pays fiable » en matière d’approvisionnement en gaz naturel et « compte le rester », a affirmé ainsi le président algérien.

« Mon pays est reconnu pour être un distributeur et un fournisseur fiable de gaz naturel depuis plus d’un demi siècle et il compte le rester », a déclaré encore Tebboune dans son allocution devant les participants aux travaux du 6 e sommet du Forum des pays exportateurs du gaz (GECF). L’Algérie est « pionnière dans le développement et la valorisation du gaz naturel », et à la tête du progrès réalisé dans l’industrie du gaz naturel liquéfié (GNL), a-t-il rappelé à ce propos.

Elle tend à poursuivre le développement de ses ressources « importantes » de gaz naturel « aux mieux des intérêts de notre peuple et de la meilleure manière qui soit dans le cadre de la coopération et du partenariat, en veillant à préserver l’environnement », a ajouté Abdelmadjid Tebboune. Cependant, ce dernier reconnait »cette énergie n’est pas renouvelable et son développement exige des investissements colossaux ».

Cette phrase suffit pour comprendre que l’Algérie ne pourra nullement permettre à l’Europe de trouver une alternative à sa dépendance accrue vis-à-vis du gaz russe. L’Algérie fournit jusqu’à 11 % des besoins en gaz naturel ds pays de l’Union Européenne.  L’actuelle production algérienne ne pourra en aucun cas satisfaire les voeux d’indépendance des européens. Pourquoi ?

L’Algérie dispose  de 4 600 milliards de mètres cubes de réserves de gaz naturel. Depuis 2016, l’Algérie exporte environ 50 milliards de mètres cubes et les plus grosses parties de ses exportations sont dirigées vers l’Espagne, l’Italie et les autres pays européens dont la France.

Les chiffres de BP Statistical Review of World Energy, l’une des références mondiales les plus respectées en matière d’énergies fossiles, estiment les réserves algériennes à  4,5 milliards de mètres cubes en 2016, soit 2,4 % des réserves mondiales. Les réserves globales (pétroles + gaz naturel) seraient composées d’un peu plus de 50 % de gaz naturel (4 000 milliards m3), d’un peu plus de 30 % d’huile (12 milliards de barils) et de 16 à 17 % de Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) et de condensat, une forme particulière de liquides très appréciés par l’industrie chimique. Très clairement, l’Algérie est une puissance gazière plus que pétrolière.

Or, l’Algérie est confrontée depuis au moins 2012 à la problématique du renouvellement des réserves. Pour que l’Algérie demeure une puissance gazière, elle doit découvrir chaque année au moins autant de barils en terre qu’il en a été sorti. Sonatrach revendique chaque année sans plus de précisions des découvertes qui, en général, ne sont pas commerciales, c’est-à-dire susceptibles d’être mises en valeur compte tenu des réalités du produit et du marché. De nombreuses expertises ont constaté, depuis 2000, une baisse des réserves conventionnelles, à savoir en pétrole comme en gaz. Le taux de renouvellement des réserves serait de 14 %, ce chiffre avait été révélé par Mohamed Saïd Baghloul, le patron de l’Institut Algérien des Pétroles (IAP) au quotidien El Watan du 25 mars 2014.

Cela signifie que pour 100 barils produits, 14 sont découverts et les remplacent. Le taux de renouvellement des réserves de 2000 à 2010 a été de 40 à 50 % (112 % en 2011) ; il est tombé à 8 % depuis 2012. Ainsi, pour le gaz naturel, faute d’un renouvellement des réserves nationales, le pays pourra continuer à exploiter son gaz pendant 49,3 ans à condition que le rythme de la production actuelle ne change pas. Cela signifie que l’Algérie ne pourra pas augmenter davantage ses exportations. Mais pour Saïd Begloul, un expert pétrolier passé par Sonatrach, la réalité est plus amère car il resterait à l’Algérie seulement 2 800 milliards de mètres cubes les réserves en terre. Ce qui empêchera l’Algérie de continuer d’exporter son gaz vers l’étranger dés les années 2030-2035.

 

- Advertisement -
Latest news
- Advertisement -
Related news
- Advertisement -

4 COMMENTS

  1. J’avoue que je ne comprends pas le but final de cet article. Si c’est pour nous expliquer que l’Algérie ne pourra pas fournir, à elle seule, toute l’Europe en gaz naturel, c’est ce qu’on appelle enfoncer un porte ouverte.
    Je n’arrive pas à saisir ou veut en venir l’auteur de l’article. Franchement, je reste stupéfié du cynisme de certains quand il s’agit de l’Algérie.
    L’Algérie n’est pas la seule à être confronté à des difficultés d’extraction et de production d’hydrocarbures. Tous les pays producteurs d’hydrocarbures le savent. Dès qu’il s’agit de l’Algérie ça devient un drame et un angle d’attaque. Ajouter à cela tous les hmarocains qui se font passer pour des Algériens et qui font semblant de pleurnicher sur le sort de l’Algérie.
    Ils feraient mieux d’aller pleurnicher sur le mur des lamentations ils trouveront une épaule et une oreille qui les écoutent.