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samedi, janvier 28, 2023

760.552 employeurs incapables de payer les cotisations sociales de leurs employés : l’ampleur inédite de la crise financière en Algérie

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C’est un chiffre qui a été officiellement affirmé et déclaré lors des travaux du Conseil des Ministres lesquels se sont tenus hier dimanche 22 août à Alger. Ce chiffre porte sur l’existence de pas moins de 760.552 employeurs qui n’ont pas pu payer les cotisations sociales de leurs employés en raison de l’impact de la crise financière et économique sur leurs activités. Parmi ces 760.552 employeurs, nous retrouvons des entreprises, des commerçants ou divers acteurs économiques qui ont été totalement ébranlés par les conséquences néfastes de la panne économique du pays paralysant le pays depuis 2019 et aggravée par l’avènement de la pandémie de la COVID-19 en mars 2020. 

Le Conseil des Ministres a décidé d’éliminer les pénalités de retards en matière de cotisations à la sécurité sociale en faveur de ces 760.552 employeurs, « tout en encourageant les cotisations aux caisses de la sécurité sociale dans l’objectif de préserver le tissu économique », précise à ce sujet le communiqué final ayant ponctué les travaux du Conseil des ministres présidés par Abdelmadjid Tebboune. Ce communiqué laconique tente en vérité ainsi d’étouffer la vérité sur l’énorme impact de la crise financière et économique sur la stabilité du pays.

Si ces 760.552 employeurs sont incapables de payer les cotisations sociales, c’est parce qu’ils souffrent tout bonnement de conditions financières totalement déplorables. La chute de leurs activités économiques, l’effondrement de leurs revenus et la baisse drastique de leurs chiffres d’affaires ont exposé ces employeurs à une crise de trésorerie inédite les empêchant ainsi de rembourser leurs crédits contractés auprès des banques ou de verser les cotisations sociales de leurs employés. En réalité, ce chiffre 760.552 employeurs en grosses difficultés est même relatif et peu représentatif de la réalité économique amère du pays. Plusieurs sources et observateurs de la situation financière en Algérie ont fait état de chiffres beaucoup plus effrayants avançant aisément un chiffre de plus de 1,5 million d’employeurs incapables de maintenir en vie leurs activités économiques à cause de la crise que traverse notre pays.

Le gouvernement algérien ne fournit, d’ailleurs, aucune explication pour préciser les critères qui lui ont permis de dresser la liste de ces 760.552 employeurs incapables de s’acquitter de leurs cotisations sociales. Si la suppression des pénalités est une mesure salutaire, il n’en demeure pas moins qu’elle est insuffisante. Et pour cause, ces employeurs ont davantage besoin de soutien financier, de nouveaux crédits à taux bonifiés, de subventions directes pour permettre la relance de leurs activités pour se replacer enfin sur la scène économique. Malheureusement, dans ce chapitre, l’Etat algérien a brillé par son absence. Aucune subvention directe ou de nouveaux financements n’on été mis à la disposition des entreprises algériennes notamment privées qui sont en grande difficulté à cause de la pandémie et de la crise économique paralysant le pays.

Les mesures de soutien prises en faveur des entreprises algériennes dés le début avril 2020 à l’effet de réduire les répercussions de la pandémie sur leur activité ont été totalement superficielles. L’Algérie s’est contentée d’annoncer le report du paiement des tranches de crédit, arrivant à échéance, ou rééchelonnement des créances des entreprises impactées par la conjoncture induite par la Covid 19. Les autorités algériennes avaient décidé aussi de geler momentanément le paiement de plusieurs taxes ou impôts sur les revenus des entreprises. Mais à aucun moment, un plan de financement des entreprises algériennes n’a été élaboré pour protéger l’économie nationale contre les effets de la crise financière. Et pourtant, officiellement les banques algériennes et établissements financiers ont été autorisés à octroyer de nouveaux crédits à tout emprunteur qui a déjà bénéficié de ces mesures de reports ou de rééchelonnement. En l’absence d’un schéma concret et de stratégie nationale claire et précise, les banques algériennes ont rarement tendu la main aux entreprises algériennes.

Cette erreur fut fatale pour la stabilité économique du pays. Preuve en est, les cotisations sociales des employés de pas moins de 760.552 employeurs sont en danger. Et personne ne sait si l’Etat va mettre la main à la poche pour financer ces cotisations à la place des entreprises en grosses difficultés.

 

 

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1 COMMENT

  1. La junte est devant la réalité économique qui peut se résumer par:
    – baisse structurelle des recettes en hydrocarbures (moins de 25 Milliards $ par an)
    – assèchement de la réserve de change (moins de 20 milliards $)
    – augmentation des dépenses en devises (45 milliards $ par an) vu la croissance de la population (+ 1 million habitants par an) et les dépenses militaires et police pour faire face au Peuple et à la révolution
    – dépenses imprévues de 5 milliards par an au moins pour faire face aux différentes crises (covid, eau potable, feux de forêts , …).
    Le régime est cuit comme jamais !