11 détenus politiques remis en liberté par les autorités algériennes : va-t-on enfin vers l’apaisement ?

0
309

Ce mercredi 30 mars, les autorités algériennes ont décidé de remettre en liberté pas moins de 11 détenus politiques qui ont été incarcérés depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour certains d’entre eux. Parmi ces détenus libérés, nous retrouvons des figures emblématiques du Hirak, comme Brahim Laalami ou des journalistes engagés et indépendants comme Abdelkrim Zeghileche. 

Parmi les activistes qui ont retrouvé leur liberté, nous pouvons citer aussi le militant Lazhar Zouaïmia, un ressortissant algéro-canadien dont l’incarcération le 22 février 2022 a fait couler beaucoup d’encre en raison de son caractère totalement arbitraire et absurde.

Des militaires originaires de Sétif, Bordj Bou Arreridj, Tlemcen et Constantine ont été ainsi remis en liberté dans le cadre d’une politique qui veut, visiblement, détendre le climat politique national marqué par une morosité inédite et rarement égalée dans l’histoire récente en Algérie à cause notamment de cette répression massive des libertés publiques ou individuelles. Une persécution menée violemment et impitoyablement depuis le deuxième semestre 2021.

Selon certaines sources sécuritaires contactées par Algérie Part, d’autres libérations devront suivre encore dans les prochains jours. Le pouvoir algérien aurait officiellement approuvé une nouvelle doctrine basée sur « l’apaisement » et le « dialogue » dans l’espoir de couper l’herbe sous les pieds de certains mouvements d’opposition qualifiés de « radicaux »  et accusés de vouloir à tout prix attiser le « feu de la contestation ».

Face à une situation socio-économique très tendue en raison de la forte détérioration des indicateurs financiers du pays dans le sillage d’une crise de plus en plus étouffante, le front politique pourrait « chauffer » alimentant ainsi une nouvelle vague de colère populaire. Pour affronter ce scénario délicat, le pouvoir algérien miserait, selon nos sources, sur un « apaisement » de ses relations avec certains activistes et opposants avec lesquels il voudrait engager un processus de négociation sur les termes de la « normalisation » de leurs activités politiques.